Les Transports bis

Un jour j’ai fini par trouver ma voie. J’ai décidé, en parallèle de la fac de me présenter à l’audition pour le Cours Florent, école de formation de l’acteur. Sauf que cette école, en plus d’être une légende dans le monde du théâtre c’est aussi une usine à fric. Mon père qui soupire chaque fois que je lui dis que j’ai enfin trouvé ce que je vais faire de ma vie m’a clairement dit : « ma fille tu veux faire une école de clown, tu te la payes ! ». Ok daddy.

Donc quand j’ai su que j’étais admise en première année, j’ai commencé à démarcher pour me trouver un job à temps partiel, c’est là que j’ai été rappelée par cette boutique qui m’a proposé un CDI contrat étudiant : la bonne planque quoi ! Évidemment j’accepte et je commence chez eux dès juin. Tout se passe bien, le seul problème c’est que je bosse à La Défense et que j’habite Villepinte. Et que je suis toujours en retard dans tout ce que je fais et partout où je vais. Et honnêtement, être desservi par le RER B ça n’aide pas !

Bref, à la mi-juillet, j’étais encore en période d’essai, et je suis arrivée très en retard un matin… À cause du RER B ! Résultat : ma responsable m’a chopée à la fin de la journée et m’a dit : « Écoute Inès, je peux comprendre que tu aies des problèmes de transports, mais si ce genre de situation est amenée à se reproduire, on va devoir se séparer de toi, peut-être que tu devrais chercher un emploi plus proche de chez toi ». Ok boss.

Un truc avec moi, si je « m’auto-fous » la pression, ça me stimule, si on me la fout, c’est la fin des cacahuètes ! Du coup, le lendemain matin j’ai voulu bien faire, j’ai pris de l’avance, j’avais vraiment, vraiment peur d’arriver à la bourre et je voulais même essayer de faire partie de ces gens qui arrivent 20 min avant et ont même le temps de prendre un café, ils m’énervent ces gens. J’suis allée à la gare avec 40 minutes d’avance, j’étais large ! Et là, problèmes de transports ! Déjà quand j’arrive et que c’est bondé comme un lundi à 16h, alors qu’on est dimanche et qu’il est 11h, je commence à me demander où je vais bien pouvoir déposer mon CV dès ce soir.

Je perds toute l’avance que j’avais pris, mais j’avais encore mes chances d’arriver à l’heure. Je passe mon temps à réactualiser la page « RATP itinéraire » de mon Iphone, et pour arriver à l’heure, il faut absolument que j’attrape le RER de 12h14 et pas celui de 12h17 !! Donc arrivée à châtelet, je cours et j’aperçois mon RER du haut des escalators !!! C’est là, que j’ai commis l’erreur fatale… J’ai couru dans l’escalator, en SANDALES (forcément c’était juillet !). Je suis tombée sur les dernières marches et j’ai vu mon RER partir sous mes yeux. Je me suis relevée l’air de rien et suis allée m’asseoir en me demandant c’que j’allais bien pouvoir dire…

Je commence à écrire un SMS à l’une de mes collègues, et là je ressens une petite douleur à la cheville gauche… Je baisse les yeux pour regarder mes pieds, et j’aperçois mon pied dans une marre de sang… J’avais la moitié de mon petit orteil qui pendillait !! Bizarrement la douleur est apparue au même moment ! Je me souviens que ma tête a tourné à la vue de cet orteil mutilé, qu’une dame m’a renversé sa bouteille d’eau sur le visage, et qu’un gars m’a mis la plus grosse claque de ma vie ! Il crie « appelez les pompiers », je dis « Non ! appelez mon travail ! », j’ai donc vraiment téléphoné, en pleurs.

Les pompiers sont arrivés, j’étais un peu stone, et quand je suis stone je raconte encore plus ma vie « je vais me faire virer, comment je vais faire », là le gars me dit « mais vous êtes en accident du travail là de toutes manières, c’est un accident de trajet ». Ok man !

Le RER B m’a donc valu : entorse aux deux pieds et des points de sutures, à terme il m’a fait perdre mon travail ; mais en attendant je suis restée chez moi pendant 2 mois et j’ai quand même touché de quoi payer mes frais d’inscriptions !

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Inès HADJ

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