Bernard Stiegler et la télévision

Interview de Bernard Stiegler, Revue XXI :

Comment Bernard Stiegler présente-t-il l’évolution de la télévision ?

 

Le parcours de Bernard Stiegler, né en 1952, est très inhabituel. En juin 1978, il est condamné à cinq ans de prison, pour attaque à main armée. Derrière les barreaux, il reprend des études de philosophie et devient docteur de l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales. Libéré en 1983, Stiegler grâce à ses études obtient des postes à haute responsabilité :

-      directeur de recherche au Collège international de philosophie

-      professeur à l’Université de technologie de Compiègne

-      directeur général adjoint de l’Institut national de l’audiovisuel (INA),

-      directeur de l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (Ircam)

-      directeur du département du développement culturel au Centre Georges-Pompidou, où il dirige également l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), qu’il a créé l’an dernier.

Depuis son passé carcérale, ce dernier s’investit énormément au niveau de la société en analysant les différentes évolutions. Fin 2011, il intervient dans la revue XXI pour traiter de l’évolution de la télévision au sein de la société. Il émet deux opinions dans son interview, premièrement il soutient que la télévision est un outil culturel très instructif en revanche ce même outil a été envahi par les industriels.

La télévision est un outil qui a été inventé aux Etats-Unis à la fin de la guerre dans le but de divertir la société. Au commencement, la télévision était financée par les dons des spectateurs mais cela n’était pas suffisant pour couvrir tous les frais c’est pourquoi les médias ont eu recours aux industriels. On comprend que les hommes d’affaires ne pensent qu’au profit et donc ils ne s’intéressent point à la qualité des programmes diffusés. Les publicités financent les programmes télévisés, aux Etats-Unis toutes les douze minutes on a une coupure publicitaire durant chaque programme. Les publicitaires ont fait de la télévision un moyen de communication qui incite les spectateurs à consommer. Bernard Stiegler cite dans la Revue XXI Patrick Le Lay ancien PDG de TF1, la grande chaîne privatisée et commerciale : « Soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible, c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous rendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

Les investissements des hommes d’affaires réduisent la qualité des émissions. En effet, nous avons pu voir que les investisseurs ont leur mot à dire sur le programme télévisé et ces derniers préfèrent des programmes de divertissement que des programmes culturels. Par conséquent, on a pu constater le rachat de la chaîne culturel la Cinq où on pouvait voir des documentaires.
Une évolution ces dernier temps, les publicités ont été interdites par le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) sur France Télévision qui comprend France 2, France 3, Franc O, France 5 après 20h.

Il n’est pas anodin que Bernard Stiegler soit intervenu dans la Revue XXI, une revue qui a pour challenge d’être publié sans aucunes publicités donc de ne pas compter sur l’investissement des annonceurs.

Namel Naseem

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